
Renouveler un conseil départemental, élire un conseil régional, désigner les membres du conseil national : la vie d’un ordre professionnel est rythmée par des scrutins. Ces élections ordinales engagent la représentation de toute une profession. Or l’électorat est dispersé sur tout le territoire, et rarement disponible.
Envoyer des dizaines de milliers de plis, gérer les retours postaux, dépouiller à la main pendant des heures. Le scrutin papier coûte cher et il fatigue les équipes ordinales. Le vote électronique répond à ces contraintes. Encore faut-il que le texte propre à votre ordre l’autorise et que le système retenu offre les garanties attendues.
Cet article détaille le cadre du vote électronique pour un ordre professionnel. Il présente ensuite les apports du décret du 7 mai 2026 pour les ordres de santé. Puis il déroule la marche à suivre pour organiser un scrutin conforme et vérifiable.
En résumé :
Les ordres professionnels élisent leurs conseils départementaux, régionaux et nationaux selon des textes réglementaires propres à chaque profession.
Pour les ordres des professions de santé, l’article R. 4125-22 du code de la santé publique permet au conseil national de décider le recours au vote par voie électronique.
Le décret n° 2026-361 du 7 mai 2026 précise désormais les modalités techniques de ce scrutin dématérialisé.
La délibération de la CNIL du 25 avril 2019 sert de référence de sécurité, complétée par le RGPD et les recommandations de l’ANSSI.
VCAST s’appuie sur Belenios, technologie open source du CNRS et de l’INRIA : chaque votant vérifie que son bulletin a bien été pris en compte.
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Un ordre professionnel est un organisme de droit privé chargé d’une mission de service public. Il tient le tableau de la profession et veille au respect de la déontologie. Il représente aussi ses membres auprès des pouvoirs publics. Médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, pharmaciens, vétérinaires, architectes, experts-comptables ou géomètres-experts : chaque profession réglementée dispose de sa propre institution ordinale.
Cette légitimité repose entièrement sur l’élection. Les conseillers ordinaux sont élus par leurs pairs, et non désignés. Un scrutin contesté fragilise donc toute la gouvernance de la profession pour la durée du mandat.
La structure est en général pyramidale : conseils départementaux, conseils régionaux ou interrégionaux, conseil national. S’y ajoutent les chambres disciplinaires, dont les membres sont eux aussi élus. Un même ordre organise ainsi plusieurs dizaines de scrutins sur un cycle électoral.
Quelles élections ordinales sont concernées ?
Le périmètre est plus large que l’élection du conseil national à laquelle on pense spontanément.
Le renouvellement des conseils départementaux de l’ordre.
L’élection des conseils régionaux ou interrégionaux.
L’élection du conseil national et de ses instances.
La désignation des membres des chambres disciplinaires.
L’élection des membres du bureau : président, vice-présidents, trésorier, secrétaire général.
Les consultations des inscrits sur une orientation ou une réforme statutaire.
Pour les ordres des professions médicales, l’article R. 4125-5 du code de la santé publique fixe un mandat de six ans, avec un renouvellement par moitié tous les trois ans. Autrement dit, un ordre organise un scrutin d’ampleur au minimum tous les trois ans. Et cela sans compter les élections partielles, après une démission ou une radiation.
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Le vote électronique est-il autorisé pour un ordre professionnel ?
Oui, à condition que le texte qui régit votre ordre le prévoie. Contrairement à une association, un ordre ne fixe pas librement ses modalités de vote dans ses statuts. Elles relèvent d’un décret ou d’un règlement électoral approuvé.
Pour les ordres des professions de santé, la règle est claire. L’article R. 4125-22 du code de la santé publique dispose que le conseil national peut décider de recourir au vote électronique. Ce cadre est issu du décret n° 2017-1418 du 29 septembre 2017. Ce texte a modernisé le régime électoral de ces ordres. Il a donc ouvert la voie au vote électronique pour les élections ordinales.
Point important : lorsque le conseil national décide ce recours au vote dématérialisé, le vote par voie électronique exclut toute autre modalité. Il ne se superpose donc pas au vote sur place ni au vote par correspondance classique. La décision se prend en amont, elle engage l’ensemble du scrutin.
Hors santé, chaque profession relève de son propre texte. Citons le décret n° 77-1481 du 28 décembre 1977 pour les architectes, ou l’ordonnance n° 45-2138 du 19 septembre 1945 pour les experts-comptables. La logique reste identique. Le recours au vote électronique doit être ouvert par le texte applicable ou par le règlement électoral de l’ordre. Première étape de tout projet, donc : faire vérifier ce point par votre direction juridique.
Ce que change le décret du 7 mai 2026 pour les ordres de santé
C’est la nouveauté réglementaire de l’année. Le décret n° 2026-361 du 7 mai 2026 a été publié au Journal officiel du 10 mai 2026. Il est relatif aux modalités d’élection par voie électronique aux conseils des ordres des professions médicales. Il insère dans le code de la santé publique les articles D. 4125-25-1 à D. 4125-25-8.
Sont visés les ordres des médecins, des chirurgiens-dentistes, des sages-femmes, des infirmiers, des masseurs-kinésithérapeutes et des pédicures-podologues. Le texte précise ce qui, jusque-là, relevait de la pratique. Voici les obligations à retenir avant de consulter un prestataire.
Authentification à deux canaux. Chaque électeur reçoit un code d’identification personnel et un mot de passe unique. Les deux arrivent par des modes de communication distincts, quinze jours au moins avant l’élection.
Chiffrement immédiat. Le vote reste anonyme et il est chiffré par le terminal de l’électeur avant transmission.
Expertise indépendante. La commission nationale mise en place comprend un expert indépendant, présentant des garanties d’indépendance vis-à-vis de l’autorité organisatrice.
Scellement et conservation. Les fichiers supports restent sous scellés, sous le contrôle de la commission. La durée est de trois mois, ou jusqu’au jugement définitif en cas de recours.
Traçabilité du scrutin. Le dépouillement s’appuie sur le contenu de l’urne électronique et sur la liste d’émargement électronique.
Ces exigences ne sont pas des options commerciales : elles conditionnent la régularité de vos opérations de vote. Un ordre de santé qui prépare son renouvellement a donc tout intérêt à confronter ce texte à l’offre de chaque prestataire de vote consulté. Vérifiez ensuite que la solution de vote électronique retenue coche chacun de ces points.
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CNIL, RGPD : le niveau de sécurité attendu
La délibération de la CNIL n° 2019-053 du 25 avril 2019 porte recommandation relative à la sécurité des systèmes de vote par correspondance électronique. Elle constitue la référence française en la matière, y compris hors du champ des élections professionnelles.
Elle définit trois niveaux de risque. Pour chacun, elle liste les mesures attendues afin de sécuriser le système de vote électronique : authentification des électeurs, chiffrement des bulletins, séparation des données d’identité et des suffrages, journalisation, scellement, expertise indépendante. Un scrutin ordinal, qui désigne les instances d’une profession réglementée, se situe rarement au niveau de sécurité le plus bas.
S’y ajoutent le RGPD pour la protection des données des électeurs. Les référentiels de l’ANSSI encadrent quant à eux l’hébergement et la sécurité des systèmes de vote. Les données personnelles traitées lors d’un scrutin ordinal méritent la même vigilance que le tableau de l’ordre. À commencer par la liste électorale. Chez VCAST, elles sont hébergées en France.
Une précision utile : ces recommandations de la CNIL ne valent pas certification. Aucun éditeur ne peut se prévaloir d’un agrément officiel de la CNIL ou de l’ANSSI. Ce que vous pouvez exiger, en revanche, c’est le rapport d’expertise indépendante et la description précise des mesures de conformité mises en œuvre.
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Un ordre professionnel fait voter des indépendants et des salariés très occupés, répartis sur tout le territoire, parfois en outre-mer. Le pli électoral arrive au cabinet entre deux consultations, il attend, puis la date limite passe. Le taux de participation s’en ressent.
Deux contraintes aggravent le phénomène. D’une part, le vote par procuration est interdit aux élections des ordres des professions médicales, en application de l’article R. 4125-2 du code de la santé publique : l’électeur empêché ne peut pas se faire représenter. D’autre part, le vote papier impose des délais d’acheminement incompressibles, aller et retour.
Le vote en ligne lève ces deux freins. L’électeur vote depuis son cabinet, son domicile ou son téléphone, à toute heure de la période de scrutin. Une relance ciblée part ensuite vers les seuls inscrits qui n’ont pas encore voté. Sans jamais révéler le sens de leur vote, puisque l’émargement est dissocié du contenu de l’urne. Le vote à bulletin secret reste donc entier, alors même que le suivi de la participation devient possible en direct.

Un ordre de santé fait voter des praticiens rarement disponibles aux heures ouvrées. Le scrutin en ligne s’ouvre sur plusieurs jours : chacun vote depuis son officine, son cabinet ou son domicile, sans contrainte d’acheminement postal.
Vérifiabilité : prouver l’intégrité plutôt que la promettre
C’est le point sur lequel les solutions de vote du marché se distinguent réellement. Dans la majorité des plateformes, le fonctionnement du système de vote reste opaque. L’électeur dépose son bulletin, puis il doit faire confiance à l’éditeur. Aucun moyen, donc, de vérifier ce que devient son suffrage. Cette opacité alimente les soupçons, et donc les contestations.
VCAST repose sur Belenios, protocole open source développé par des chercheurs du CNRS et de l’INRIA. Chaque votant reçoit un identifiant de bulletin après validation, et peut vérifier lui-même que ce bulletin figure bien dans l’urne scellée. C’est la vérifiabilité individuelle.
La vérifiabilité universelle complète le dispositif. N’importe quel observateur recalcule le résultat à partir de l’urne publiée, sans jamais accéder à un bulletin nominatif. Pour une commission électorale ordinale, c’est un argument autrement plus solide qu’une simple déclaration de conformité. Face à un recours, vous produisez une preuve, pas une affirmation.
Élections ordinales et élections professionnelles : ne pas confondre
La confusion est fréquente, et elle a des conséquences pratiques. Un ordre professionnel reste un employeur comme un autre pour ses propres salariés. À ce titre, il organise aussi l’élection du CSE de sa structure. Ce scrutin-là relève du code du travail, il se négocie avec les organisations syndicales dans le protocole d’accord préélectoral.
L’élection ordinale, elle, ne concerne pas des représentants du personnel mais des confrères élus par la profession. Les deux scrutins n’obéissent ni aux mêmes textes, ni au même calendrier, ni aux mêmes règles de liste électorale. Un ordre peut d’ailleurs utiliser la même plateforme de vote pour les deux, à condition de les paramétrer séparément.
Même remarque pour les établissements publics et la fonction publique, où l’organisation des élections professionnelles obéit à un régime distinct. Dans le cadre des élections professionnelles, l’employeur négocie le protocole préélectoral ; dans un ordre, c’est le règlement électoral qui s’impose. Retenez cette différence : elle détermine le paramétrage du scrutin et le contenu du procès-verbal.
Votre ordre organise aussi le scrutin de ses salariés ? Notre guide du vote électronique pour le CSE détaille les obligations propres aux élections professionnelles.
Le suivi de la participation en temps réel permet de relancer uniquement les inscrits qui n’ont pas encore voté. Le secret du scrutin reste intact : l’émargement électronique est dissocié du contenu de l’urne.

Organiser le scrutin : les six étapes
La mise en place du vote dématérialisé suit une trame stable, quelle que soit la profession concernée.
1. Vérifier le fondement juridique. Le texte applicable à votre ordre autorise-t-il le recours au vote électronique, et qui doit en décider ?
2. Formaliser la décision. Délibération de l’instance compétente, puis information des électeurs dans les délais réglementaires.
3. Choisir la solution. Confronter les exigences du décret et de la CNIL aux garanties du logiciel de vote et du prestataire de vote électronique retenu.
4. Préparer les données. Consolider la liste des inscrits, fiabiliser adresses postales et courriels, définir les collèges.
5. Tester. Scrutin blanc, envoi des codes par deux canaux distincts, vérification du dépouillement à blanc avec la commission.
6. Ouvrir le vote. Suivi de la participation en temps réel, relances, puis proclamation et procès-verbal.
Comptez plusieurs semaines entre la décision et l’ouverture du scrutin, notamment pour la fiabilisation des coordonnées. C’est le poste le plus souvent sous-estimé. Le choix d’un prestataire de vote se joue quant à lui sur trois questions simples. L’outil de vote électronique respecte-t-il le cadre du vote électronique applicable à votre ordre ? L’expertise indépendante est-elle fournie ? L’électeur peut-il contrôler son bulletin ? Sur le budget, notre article dédié au tarif d’une solution de vote électronique donne les ordres de grandeur selon le nombre d’électeurs.
FAQ : vote électronique et élections ordinales
Cadre juridique
Oui, dès lors que le texte réglementaire propre à la profession le prévoit. Pour les ordres des professions de santé, l’article R. 4125-22 du code de la santé publique ouvre expressément cette possibilité. Hors santé, il faut se reporter au décret ou au règlement électoral applicable à votre ordre.
Le conseil national. L’article R. 4125-22 du code de la santé publique lui confie cette décision, qui s’impose ensuite à l’ensemble du scrutin concerné. La délibération doit intervenir suffisamment en amont de la convocation des électeurs.
Non, pas pour les élections des ordres des professions de santé. Lorsque le conseil national décide de recourir au vote par voie électronique, celui-ci exclut toute autre modalité de vote. Il n’y a donc ni vote sur place ni vote par correspondance en parallèle.
Sécurité et conformité
Le décret n° 2026-361 du 7 mai 2026 insère les articles D. 4125-25-1 à D. 4125-25-8 dans le code de la santé publique. Il impose notamment la transmission des identifiants par deux canaux distincts quinze jours avant le scrutin, le chiffrement du bulletin sur le terminal de l’électeur, la présence d’un expert indépendant au sein de la commission et la conservation des fichiers sous scellés pendant trois mois.
Avec VCAST, chaque votant reçoit un identifiant de bulletin après validation. Il peut vérifier à tout moment que ce bulletin figure dans l’urne scellée, sans que son choix soit révélé. Cette vérifiabilité individuelle est apportée par le protocole Belenios, développé par des chercheurs du CNRS et de l’INRIA.
En France. La liste électorale et les données de connexion sont traitées conformément au RGPD, avec séparation stricte entre l’identité des votants et le contenu des suffrages, comme le recommande la CNIL dans sa délibération du 25 avril 2019.
Organisation du scrutin
Notre offre ElectLite est gratuite jusqu’à 100 électeurs, adaptée à une élection de bureau ou à un conseil départemental restreint. Au-delà, les formules démarrent à 1 650 € HT jusqu’à 300 électeurs, puis 3 300 € HT jusqu’à 2 000 électeurs avec assistance juridique et accompagnement dédié.
Prévoyez plusieurs semaines entre la délibération et l’ouverture du vote. Le paramétrage de la plateforme est rapide ; c’est la fiabilisation de la liste électorale, des adresses postales et des courriels qui demande le plus de temps, tout comme le scrutin blanc avec la commission.
En résumé
Le vote électronique est donc ouvert aux ordres professionnels, dès lors que le texte régissant la profession le prévoit. Pour les ordres de santé, l’article R. 4125-22 du code de la santé publique confie cette décision au conseil national, et le décret du 7 mai 2026 en fixe désormais les modalités concrètes : authentification par deux canaux, chiffrement au poste de l’électeur, expert indépendant, scellés. La recommandation de la CNIL du 25 avril 2019, le RGPD et les référentiels de l’ANSSI complètent ce socle. Reste la question décisive, celle que le droit ne tranche pas à votre place : votre prestataire vous permet-il de prouver l’intégrité du scrutin ? Avec Belenios, technologie issue de la recherche publique française, chaque électeur vérifie son bulletin et tout observateur recalcule le résultat. Parlons de votre prochaine élection ordinale.
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