
Renouveler un conseil d’administration, élire une commission de la formation et de la vie universitaire, désigner les élus étudiants : la gouvernance d’un établissement d’enseignement supérieur repose sur des scrutins réguliers. Ces élections mobilisent des dizaines de milliers de personnes, réparties sur plusieurs campus.
Et pourtant, la participation reste souvent faible, en particulier chez les usagers. Les urnes classiques imposent un déplacement, à une heure précise, dans un bâtiment précis. Un étudiant en stage, en mobilité ou en alternance ne votera pas.
Cet article détaille le cadre du vote électronique à l’université. Il présente les apports du décret du 16 juillet 2024, puis les garanties techniques attendues et la marche à suivre pour organiser un scrutin conforme.
En résumé :
L’article L. 719-1 du code de l’éducation prévoit que l’élection a lieu soit par dépôt d’un bulletin papier dans une urne, soit par voie électronique sécurisée.
Le décret n° 2024-841 du 16 juillet 2024 a créé l’article D. 719-36-1, qui encadre désormais ce scrutin dématérialisé.
Les garanties applicables sont celles du décret du 26 mai 2011 : expertise indépendante, clés de chiffrement réparties, cellule d’assistance technique.
La procuration n’est ouverte que lorsque le vote par voie électronique n’a pas été mis en place.
VCAST s’appuie sur Belenios, technologie open source du CNRS et de l’INRIA : chaque votant vérifie que son bulletin a bien été pris en compte.
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Un scrutin conforme au code de l’éducation
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Un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel est administré par des instances élues. Le conseil d’administration détermine la politique de l’établissement. Le conseil académique, qui réunit la commission de la recherche et la commission de la formation et de la vie universitaire, l’éclaire sur les questions pédagogiques et scientifiques.
Ces instances rassemblent des enseignants-chercheurs, des personnels administratifs et techniques, ainsi que des usagers. Chaque collège élit ses propres représentants, avec ses propres listes électorales.
Le rythme est soutenu. Les mandats courent sur quatre ans, mais celui des représentants des usagers ne dure que deux ans. Autrement dit, un établissement organise un scrutin étudiant tous les deux ans, auquel s’ajoutent les élections partielles et les scrutins des composantes.
Quelles élections universitaires sont concernées ?
Le périmètre dépasse largement le renouvellement du conseil central auquel on pense spontanément.
L’élection des membres du conseil d’administration de l’établissement.
L’élection du conseil académique, de la commission de la recherche et de la CFVU.
Les scrutins des conseils de composantes : UFR, instituts, écoles internes.
Les élections des conseils de laboratoire et des écoles doctorales.
La désignation des élus étudiants aux conseils centraux et aux conseils des œuvres universitaires.
Les consultations internes sur un projet d’établissement ou une réforme de maquette.
À cela s’ajoutent les élections professionnelles des personnels, qui relèvent d’un régime distinct, celui de la fonction publique de l’État. Un comité social d’administration n’est pas un comité social et économique d’entreprise : les textes applicables ne sont pas les mêmes, même si la logique technique du scrutin en ligne se ressemble.
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Le vote électronique est-il autorisé à l’université ?
Oui, et la réponse figure directement dans la loi. L’article L. 719-1 du code de l’éducation dispose que l’élection « a lieu soit par dépôt d’un bulletin de vote en papier dans une urne, soit par voie électronique sécurisée ».
Le même article pose toutefois une condition matérielle. Le scrutin dématérialisé n’est ouvert qu’« à condition que, dans l’établissement, soient mis à la disposition des électeurs des ordinateurs dans des lieux dédiés aux opérations électorales ». Un établissement qui bascule en ligne doit donc prévoir des postes de connexion accessibles sur site.
Autre point souvent négligé : la procuration. Le texte précise que « les électeurs empêchés de voter personnellement sont admis à voter par procuration lorsque le vote par voie électronique n’a pas été mis en place ». Le vote en ligne se substitue donc à la procuration, il ne s’y ajoute pas.
Cette rédaction est issue de la loi n° 2020-1674 du 24 décembre 2020, dite loi de programmation de la recherche. C’est elle qui a consolidé la place du scrutin dématérialisé dans la gouvernance universitaire.
Ce que le décret du 16 juillet 2024 a changé
La loi autorisait le principe, il manquait le mode d’emploi. Le décret n° 2024-841 du 16 juillet 2024 a comblé ce vide en créant l’article D. 719-36-1 du code de l’éducation.
Ce nouvel article renvoie à un socle éprouvé. L’élection des représentants des personnels et des étudiants aux conseils « peut avoir lieu par vote électronique dans les conditions prévues par les articles 2 à 17 du décret n° 2011-595 du 26 mai 2011 », à trois exceptions près.
Ce décret de 2011 régit le vote électronique par internet dans la fonction publique de l’État. Il est utilisé depuis plus de dix ans pour les élections professionnelles ministérielles, ce qui lui donne un recul opérationnel appréciable.
Le même décret de 2024 a par ailleurs abrogé le décret n° 2020-1205 du 30 septembre 2020 au 1er janvier 2025. Un établissement qui s’appuie encore sur d’anciens modèles de délibération a donc tout intérêt à les faire relire.
Les garanties techniques imposées par le décret de 2011
Ces obligations forment le cahier des charges implicite de tout appel d’offres. Les connaître évite de retenir un prestataire qui ne saura pas les satisfaire.
Une expertise indépendante préalable. Le système doit être expertisé avant sa mise en œuvre, ainsi qu’avant toute modification substantielle de sa conception. Le rapport est transmis à la CNIL et aux organisations syndicales ayant déposé des candidatures.
Des clés de chiffrement réparties. Trois clés au minimum sont générées et confiées aux membres du bureau de vote électronique. Deux tiers au moins reviennent aux délégués de liste, et une clé au moins au président du bureau ou à son représentant. Personne ne peut donc ouvrir l’urne seul.
Une cellule d’assistance technique. Sa composition est fixée en amont. Elle accompagne les électeurs pendant toute la durée du scrutin, ce qui compte beaucoup lorsque l’électorat compte plusieurs milliers d’usagers peu familiers de l’outil.
S’y ajoutent la désignation des bureaux de vote électronique, le calendrier des opérations et les modalités d’accès pour les électeurs qui ne disposent pas d’un poste informatique sur leur lieu de travail.

Comment lire les engagements de sécurité d’un prestataire sans être ingénieur ? Notre article sur le système de vote conforme aux recommandations ANSSI et CNIL décrypte les mentions à vérifier.
Qui fixe les modalités : arrêté ou décision ?
C’est la subtilité du dispositif universitaire, et la source de la plupart des retards de calendrier. L’article D. 719-36-1 répartit les décisions entre deux véhicules juridiques distincts.
Relèvent d’une décision de l’autorité administrative habilitée, prise après avis du comité électoral consultatif avant chaque élection : le fonctionnement du système retenu et le calendrier, la liste des bureaux de vote électronique, ainsi que la détermination des circonscriptions et l’affichage des extraits de listes électorales.
Relèvent en revanche d’un arrêté, pris après consultation du comité social d’administration compétent et du comité électoral consultatif : l’organisation des services chargés de la conception et du contrôle du système, les modalités de l’expertise, la composition de la cellule d’assistance technique et l’accès au vote pour les électeurs sans poste informatique.
| Modalité à fixer (article 5 du décret de 2011) | Véhicule | Consultation préalable |
|---|---|---|
| Fonctionnement du système retenu, calendrier et déroulement des opérations | Décision d’organisation | Avis du comité électoral consultatif, avant chaque élection |
| Liste des bureaux de vote électronique et des bureaux centralisateurs | Décision d’organisation | Avis du comité électoral consultatif, avant chaque élection |
| Circonscriptions et affichage des extraits de listes électorales | Décision d’organisation | Avis du comité électoral consultatif, avant chaque élection |
| Services chargés de la conception et du contrôle, modalités de l’expertise | Arrêté | Comité social d’administration et comité électoral consultatif |
| Composition de la cellule d’assistance technique | Arrêté | Comité social d’administration et comité électoral consultatif |
| Accès au vote pour les électeurs sans poste informatique | Arrêté | Comité social d’administration et comité électoral consultatif |
La conséquence pratique est simple. L’arrêté engage des consultations plus lourdes, donc plus longues. Il se prépare bien en amont de la décision d’organisation, sous peine de devoir décaler le scrutin.
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Un scrutin universitaire se joue rarement sur le nombre de candidats. Il se joue sur le nombre de votants.
Les usagers sont difficiles à toucher : stages, mobilité internationale, alternance, formation à distance, emploi du temps éclaté entre plusieurs sites. Le bureau de vote physique ne leur est tout simplement pas accessible pendant les heures d’ouverture.
Le vote en ligne lève cette contrainte. L’électeur se connecte depuis un ordinateur ou un smartphone, où qu’il se trouve, pendant toute la durée d’ouverture du scrutin. Les relances par courriel remplacent l’affichage dans les couloirs.

L’effet sur le taux de participation n’est cependant jamais automatique. Il dépend de la qualité des adresses de contact, du nombre de relances et de la clarté des professions de foi. Une liste électorale mal fiabilisée reste le premier facteur d’abstention.
Nous détaillons les leviers concrets, relances comprises, dans notre article sur le taux de participation aux élections en ligne.
Élections associatives étudiantes : un cadre plus souple
Toutes les élections d’un campus ne relèvent pas du code de l’éducation. Un bureau des étudiants, une association de filière ou une junior-entreprise est le plus souvent une association loi 1901.
Dans ce cas, ce sont les statuts et le règlement intérieur qui fixent le mode de scrutin. La liberté est large, à condition de rester cohérent avec le texte associatif. Vérifiez simplement que les statuts n’imposent pas un vote à main levée ou une présence physique en assemblée.
Cette souplesse explique que beaucoup d’établissements commencent par là. Une élection de bureau associatif sert de galop d’essai avant de dématérialiser un scrutin institutionnel.
Organiser le scrutin : les étapes à respecter
La mise en place suit une séquence assez stable d’un établissement à l’autre.
Étape 1 : préparer les textes. Arrêté puis décision d’organisation, après consultation du comité social d’administration et avis du comité électoral consultatif.
Étape 2 : fiabiliser les listes électorales. C’est l’étape la plus chronophage. Chaque collège a ses règles d’inscription, et les données doivent être à jour au jour de la clôture.
Étape 3 : recueillir les candidatures. Le dépôt des listes intervient dans une fenêtre fixée par la décision d’organisation, plusieurs jours avant le scrutin.
Étape 4 : diffuser les professions de foi et faire expertiser la plateforme. L’expertise indépendante doit être conduite avant l’ouverture du vote, pas pendant.
Étape 5 : ouvrir le scrutin, puis dépouiller. Le dépouillement intervient après la remise des clés par les membres du bureau de vote électronique. Les résultats sont ensuite proclamés et affichés.
Le budget dépend surtout du nombre d’électeurs inscrits et du niveau d’accompagnement retenu. Nous détaillons les fourchettes dans notre article sur le tarif d’une solution de vote électronique.
Ce que VCAST apporte à un établissement d’enseignement supérieur
La conformité réglementaire est un préalable, pas un argument. Tout prestataire sérieux respecte le décret de 2011, le RGPD et la délibération de la CNIL du 25 avril 2019. La vraie question arrive après : que pouvez-vous prouver en cas de contestation ?
Notre plateforme repose sur Belenios, un protocole open source développé par des chercheurs du CNRS et de l’INRIA. Le code est public et les publications associées sont relues par la communauté scientifique. Un établissement de recherche peut donc auditer ce qu’il achète, ce qui n’est pas une posture anodine sur un campus.
Concrètement, chaque votant reçoit un identifiant de bulletin après validation de son choix. Il vérifie ensuite lui-même que ce bulletin figure bien dans l’urne, sans que son vote soit révélé. Toute personne qui le souhaite peut par ailleurs recalculer le résultat à partir de l’urne publiée.
| Offre | Électeurs | Tarif | Ce qu’elle apporte à un établissement |
|---|---|---|---|
| ElectLite | jusqu’à 100 | gratuit | Conseil de laboratoire, élection de bureau associatif, scrutin blanc avant l’arrêté |
| ElectCore | jusqu’à 300 | 1 650 € HT | Multi-collèges et multi-sites, procès-verbal automatique, hotline téléphonique |
| ElectRegalia | jusqu’à 2 000 | 3 300 € HT | Assistance juridique, formation du bureau de vote, connexion SSO ou ENT, personnalisation à la charte, interlocuteur dédié |
C’est cette vérifiabilité qui désamorce le procès en boîte noire. Face à une communauté universitaire habituée à demander des preuves, l’argument porte davantage qu’une promesse commerciale.
FAQ sur le vote électronique dans l’enseignement supérieur
Cadre légal
Oui. L’article L. 719-1 du code de l’éducation prévoit que l’élection a lieu soit par dépôt d’un bulletin de vote en papier dans une urne, soit par voie électronique sécurisée. Depuis le décret n° 2024-841 du 16 juillet 2024, l’article D. 719-36-1 du même code en précise les conditions de mise en œuvre.
Oui, et c’est explicite dans le texte. L’article L. 719-1 admet le vote par procuration pour les électeurs empêchés « lorsque le vote par voie électronique n’a pas été mis en place ». Un établissement qui dématérialise son scrutin n’a donc pas à gérer de procurations en parallèle.
Oui. La loi conditionne le recours au scrutin dématérialisé au fait que soient mis à la disposition des électeurs des ordinateurs dans des lieux dédiés aux opérations électorales. Les modalités d’accès pour les électeurs sans poste informatique sur leur lieu de travail sont par ailleurs fixées par arrêté.
Sécurité et conformité
L’article D. 719-36-1 renvoie aux articles 2 à 17 de ce décret. Il impose notamment une expertise indépendante du système avant sa mise en œuvre, avec transmission du rapport à la CNIL, la génération d’au moins trois clés de chiffrement réparties entre les membres du bureau de vote électronique, et la mise en place d’une cellule d’assistance technique pendant le scrutin.
Avec VCAST, chaque votant reçoit un identifiant de bulletin après validation de son choix. Il peut vérifier à tout moment que ce bulletin figure dans l’urne, sans que son vote soit révélé. Cette vérifiabilité individuelle est apportée par le protocole Belenios, développé par des chercheurs du CNRS et de l’INRIA.
En France. La liste électorale et les données de connexion sont traitées conformément au RGPD, avec une séparation stricte entre l’identité des votants et le contenu des suffrages, comme le recommande la CNIL dans sa délibération du 25 avril 2019.
Organisation du scrutin
Notre offre ElectLite est gratuite jusqu’à 100 électeurs, ce qui convient à un conseil de laboratoire ou à une élection de bureau associatif. Au-delà, les formules démarrent à 1 650 € HT jusqu’à 300 électeurs, puis 3 300 € HT jusqu’à 2 000 électeurs avec assistance juridique et accompagnement dédié.
Comptez plusieurs mois, car le calendrier est contraint par les consultations préalables. L’arrêté suppose une consultation du comité social d’administration, la décision d’organisation un avis du comité électoral consultatif. Le paramétrage de la plateforme, lui, se fait en quelques jours.
En résumé
Le vote par voie électronique sécurisée est donc une option pleinement prévue par l’article L. 719-1 du code de l’éducation, sous réserve de mettre des ordinateurs à disposition dans des lieux dédiés. Depuis le décret du 16 juillet 2024, l’article D. 719-36-1 renvoie aux garanties du décret du 26 mai 2011 : expertise indépendante, clés de chiffrement réparties, cellule d’assistance technique. Reste la question que le droit ne tranche pas à votre place : votre prestataire vous permet-il de prouver l’intégrité du scrutin ? Avec Belenios, technologie issue de la recherche publique française, chaque électeur vérifie son bulletin et tout observateur recalcule le résultat. Parlons de votre prochaine élection.
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Nos équipes paramètrent le vote selon votre décision d’organisation, accompagnent le bureau de vote électronique et vous suivent jusqu’à la proclamation.


